On dit souvent « je manque de confiance en moi » pour parler de deux choses différentes. Savoir laquelle te concerne aide à choisir par où commencer.
La confiance en soi et l'estime de soi sont proches, elles se nourrissent l'une l'autre, mais elles ne répondent pas à la même question. La confiance en soi répond à « est-ce que je suis capable de faire ça ? ». L'estime de soi répond à « est-ce que j'ai de la valeur, même quand je rate ? ». On peut avoir l'une sans l'autre, et ce qui aide l'une n'est pas forcément ce qui aide l'autre.
La différence entre confiance en soi et estime de soi
La confiance en soi concerne l'action. C'est la sensation d'être capable de faire face à une situation précise : prendre la parole en réunion, conduire sur l'autoroute, dire non à un proche, apprendre un nouveau métier. Elle varie d'un domaine à l'autre. Tu peux être très sûr de toi dans ton travail et perdre tous tes moyens dès qu'il s'agit de séduire ou de te défendre dans un conflit.
L'estime de soi est plus large. C'est le regard global que tu portes sur toi, la valeur que tu t'accordes en tant que personne, indépendamment de ce que tu réussis. Une personne qui a une estime de soi solide peut échouer à un examen et se dire « j'ai raté cet examen », là où une estime de soi fragile entend « je suis nul ».
Les psychiatres Christophe André et François Lelord, dans leur livre L'Estime de soi (1999), décrivent l'estime de soi comme reposant sur trois piliers : l'amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi. Dans ce schéma, la confiance en soi est une partie de l'estime de soi, celle qui touche à l'action.
Repérer ce qui te freine
Quelques questions pour faire la différence :
- Est-ce que ton malaise apparaît surtout dans certaines situations (parler en public, négocier, te lancer dans un projet), ou est-ce un fond de doute sur toi qui revient partout ?
- Quand tu réussis quelque chose, est-ce que tu te l'attribues, ou est-ce que tu penses que c'était de la chance, que c'était facile, que n'importe qui l'aurait fait ?
- Quand tu te trompes, est-ce que tu te dis « j'ai fait une erreur » ou « je suis quelqu'un de pas à la hauteur » ?
Si ton malaise est lié à des situations précises et que le reste du temps tu te sens plutôt bien avec toi, c'est plutôt la confiance qui manque. Si tu as du mal à te reconnaître le mérite de tes réussites et que tes erreurs disent quelque chose de ta valeur, c'est probablement l'estime de soi qui demande de l'attention. Souvent, les deux sont mêlées, et c'est normal.
Pour la confiance en soi : agir un cran plus loin
La confiance se construit surtout en faisant. Attendre de se sentir prêt avant d'agir revient souvent à attendre longtemps, parce que c'est souvent l'action qui produit la sensation d'être capable, plus que l'inverse.
- Choisis un domaine. Un seul, celui où le manque de confiance te gêne le plus en ce moment.
- Trouve un pas à ta portée. Pas le plus gros possible, un cran au-dessus de ce que tu fais d'habitude. Si prendre la parole en réunion te paraît impossible, ce peut être poser une seule question. Si appeler un inconnu te bloque, ce peut être appeler pour un simple renseignement.
- Fais-le, même avec le trac. Le trac n'est pas un signal d'arrêt. Il accompagne souvent ce qui compte pour toi.
- Note ce qui s'est passé, avec des faits. Le soir, écris ce que tu as fait et comment ça s'est réellement déroulé, sans le commentaire que ta tête ajoute. « J'ai posé ma question, on m'a répondu » plutôt que « j'ai bafouillé, ils ont dû me trouver ridicule ».
- Monte d'un cran quand celui-ci devient facile. Pas avant.
Avec le temps, ces notes deviennent une réserve de preuves que tu peux relire les jours de doute.
Pour l'estime de soi : changer de ton avec toi-même
L'estime de soi se joue beaucoup dans la façon dont tu te parles, surtout après une erreur. Beaucoup de gens se traitent avec une dureté qu'ils n'oseraient jamais avoir envers un ami.
La prochaine fois que tu te surprends à te critiquer, arrête-toi un instant et écoute le ton de ta voix intérieure. Puis pose-toi la question : si un ami proche venait de vivre exactement la même chose, qu'est-ce que je lui dirais ? Dis-toi cette phrase-là, dans ta tête ou à voix basse. Elle reconnaît l'erreur et la remet à sa place : quelque chose que tu as fait, pas ce que tu es.
Ça paraît souvent artificiel les premières fois. C'est la répétition qui rend ce nouveau ton plus naturel.
Ce que le corps en dit
Le manque de confiance se sent souvent physiquement, dans le ventre noué avant une prise de parole ou la respiration qui se bloque au moment de dire non. Dans la tradition des chakras, cette zone correspond au plexus solaire, associé à la volonté et à l'affirmation de soi. Si cette lecture te parle, l'article sur le chakra du plexus solaire la développe. Quelques respirations lentes avant une situation qui t'impressionne ne suppriment pas le trac, mais elles peuvent t'aider à rester présent malgré lui.
Quand en parler à un professionnel
Si le manque de confiance t'empêche de travailler, de sortir ou de voir du monde, ou si le sentiment de ne rien valoir est là presque tout le temps, parles-en à ton médecin ou à un psychologue. Ces pratiques sont des outils de bien-être, elles ne remplacent pas un accompagnement quand la souffrance est importante.
Aller plus loin avec un programme
L'estime de soi peut devenir plus stable quand tu sais ce qui compte vraiment pour toi. C'est le travail de la quatrième semaine de Renaissance intérieure : définir tes valeurs, poser une intention, puis faire un pacte avec toi-même, avec une méditation guidée pour l'accompagner.
Cinq semaines pour revenir à ce qui compte pour toi et avancer à ton rythme. Découvrir Renaissance intérieure
